2020 – Devoir de mémoire en Bretagne

Bretagne, un de tes enfants te prie de te souvenir…
Il y a cinq siècles sur les bords de la Seiche naissait Noël du FAIL, une des figures marquantes du XVIe siècle. Ecrivain, ce conteur de talent est passé à la postérité grâce à ses « OEuvres facétieuses », cet ensemble de trois recueils qui peignent avec gaillardise et fraicheur la vie des campagnes autour de Rennes en ce temps.

2020 Devoir de mémoire en BretagneComme Rabelais, médecin, d’une trentaine d’années son aîné, lui aussi a eu un côté « sérieux ». Il s’est illustré par des fonctions de juriste au Présidial puis au Parlement de Bretagne. Membre éminent de cette institution, il lui a laissé un travail de jurisprudence, premier du genre en la Province, auquel se sont référés ses pairs jusqu’à la Révolution française. Personnage d’importance en son siècle, reconnu et honoré notamment par le roi Henri III lors de son admission à l’honorariat de sa charge parlementaire, il reste un des grands méconnus de l’histoire de la Province.

L’échéance de 2020 qui marquera l’anniversaire des cinq cents ans de sa venue au monde, est une occasion à ne pas manquer. Vivifier notre présent de la richesse du passé en ces temps de doute, est un trésor à valoriser.

Pour l’avenir, le passé est une paume ouverte nous a dit Vladimir Maïakowski…

Quel beau message ! D’autant que ce personnage, né aux portes de Rennes, entame sa carrière au Présidial sous la présidence de Bertrand d’Argentré, futur auteur d’une Histoire de Bretagne, qui sans doute l’inspirera. Un de ses contemporains louera la « fort docte et belle histoire de Bretagne » dont il aurait été l’auteur… La postérité malheureusement n’en garda trace. Donc conteur, juriste, historien, mais aussi incontestablement humaniste au sens où l’époque l’entendait, pour un petit Saint-Erblonnais de modeste noblesse qui a étudié à Paris, bourlingué à au moins deux reprises outre-monts, dans la Péninsule, où ses écrits le montrent à Venise et Rome en la Bibliothèque Vaticane, cela n’est pas mal…
et mérite l’attention. Parcours comparable à Rabelais, diplômé médecin à Montpellier, et voyageur à de nombreuses reprises à Rome accompagnant le Cardinal du Bellay, Noël lui n’a pas bénéficié de la protection de Marguerite d’Angoulême, soeur du Roi, ni de la fréquentation de la Cour. Détail certes, mais qui explique peut être pourquoi l’un est mondialement connu, l’autre presque ignoré dans sa Bretagne natale. Injuste postérité…

Son manoir natal préservé des injures du temps est parvenu jusqu’à nous. Restauré au XIXe siècle par Joseph des Bouillöns, qui a édifié son château néo-gothique à distance, le vieux manoir des du Fail où il vit le jour, est le seul lieu où sa mémoire peut physiquement s’ancrer.

Siège de l’Association des Amis de Noël du Fail, qui se veut gardien de sa mémoire, c’est un petit manoir à tourelle hors oeuvre à l’architecture très Val de Loire avec ses entourages d’ouverture en pierre blanche et sa vieille gerbière en tuffeau, qui du lointain XVIe siècle, comme nous dit le poète, nous offre le sourire des siècles… Comme toutes ces maisons d’atmosphère, on y respire le calme, la paix, loin des tumultes du monde moderne.

Comment n’être pas amoureux de ce qui nous vient de par les siècles ?

Noël du Fail ne mérite pas cet oubli dans lequel par négligence, méconnaissance, on l’a laissé croupir. Ami, rejoins nous et aide nous à redonner à cet enfant délaissé de notre Province, la place qui lui revient dans le coeur de ceux qui sont attachés à leur Bretagne.

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