L’ Association Malouine des Amis de Cartier nous a sollicité pour faire mieux connaitre du Fail. C’est dans le cadre de sa réunion mensuelle que nous présenterons cet aspect par trop méconnu du Rabelais breton, celui de l’humaniste, car il est un de ces hommes qui ont contribué à faire évoluer les idées de son temps. Conteur de premier mérite ainsi est-il référencé et connu, certes à juste titre. Mais le cantonner ainsi, en tant que talentueux peintre de moeurs de la vie rurale de Haute Bretagne au XVIème siècle, c’est le régionaliser. C’est le réduire à un écrivain d’influence locale. Or par son dernier recueil, les Contes et Discours d’Eutrapel, il se montre comme un penseur ayant porté un regard avisé et critique sur son temps. Par ses idées sociales, politiques et religieuses, il s’affiche comme un agitateur d’idées, comme un de ces « happy few » qui ont contribué à modifier le regard de ses contemporains, et à faire bouger les lignes pour changer le monde.

C’est ce que nous essayerons de vous montrer, afin que désormais dans votre esprit, vous le situiez autrement et qu’il soit associé au cortège des grands noms de la Renaissance française.

Contemporain de Jacques Cartier, puisque né vers 1520 sur les bords de la Seiche à Saint Erblon, voyageur à deux reprises dans cette séduisante Italie berceau de la Renaissance, mais bien moins connu que lui, malheureusement, il est comme l’illustre navigateur un des rares grands noms du XVIème siècle en Bretagne.

Mercredi 5 MARS 2014 à 18 heures

Grand Hôtel des Thermes

100 Boulevard Hébert            35400  SAINT MALO

Saint-Erblon. A la recherche du temps perdu

Saint-Erblon. A la recherche du temps perdu

SAINT-ERBLON

IMAGES DU TEMPS…

 

Un livre pour l’histoire de Saint-Erblon

Pour les fêtes de fin d’année, l’Association des Amis de Noël du Fail soutenue par la mairie de Saint-Erblon, fait paraître un ouvrage qui retrace les grandes heures de Saint-Erblon, petite commune à une dizaine de kilomètres au Sud de Rennes.

Ce livre de 76 pages au format à l’italienne, richement illustré, et sur papier glacé, permet au lecteur de croiser le chemin de ceux qui ont écrit l’histoire de cette petite cité qui a vu naître il y a presque cinq siècles le Rabelais breton. De Tiphaine Raguenel au sculpteur Frédéric Deschamps, Prix de Rome, ils sont une bonne demi-douzaine à avoir marqué l’histoire de cette ancienne paroisse, dont on retrouve des traces jusqu’en 1030.

 En passant par Arthur Regnault, architecte qui a été mis à l’honneur il y a deux ans par Rennes Métropole, et qui a produit une de ses plus belles réalisations en architecture civile, le château en style néo-classique anglais de Château Letard, c’est à une déambulation plaisante dans les siècles passés à laquelle vous invite cet ouvrage de qualité.

 Cadeau idéal pour les fêtes, ceux qui aiment la Bretagne, qui aiment l’Histoire et qui se plaisent à cultiver leurs racines, sauront trouver là matière à nourrir leur curiosité.

 Personne jusqu’alors ne s’était penché sur le passé d’Ecclesia  Sancti Hermelandi, nom que portait au XIVème siècle, ce petit bourg alangui au bord de la Seiche.

Pierre Maillard, le Président de l’Association ANF qui veille avec passion à la préservation de la mémoire de l’auteur des Œuvres facétieuses, a remédié à cet oubli. Raison de plus désormais pour tous ceux qui demeurent en cette paisible commune d’avoir envie de mieux la connaître, de s’en sentir héritier et d’être fier de ses racines.

  Parrainé par le maire de Saint-Erblon actuel, Hervé Letort et par M. Jean Gilles Berthommier qui a présidé aux destinées de la commune pendant presque un quart de siècle, cet ouvrage se veut une agréable contribution  à une meilleure connaissance de ce petit coin de terre bretonne et au rayonnement d’une des communes de Rennes Métropole.

Actuellement en vente à la Mairie de Saint-Erblon, et distribué par la commune, éditrice, l’Association assure également la vente par correspondance de cet ouvrage, au prix de 15 euros. (Frais d’envoi de 3,5 euros en sus pour 1 exemplaire).

P. MAILLARD,

Président Association ANF  

Un projet de conférence est en cours pour le public malouin. Le Centre Culturel Breton nous a sollicité pour présenter le côté humaniste du Rabelais breton.

La date du Samedi 22 Février 2014 en après midi a été retenue.
La conférence aura lieu au Théâtre, salle Charcot,  Place BOUVET à Saint Servan à 16 heures.

Ceux qui sont sensibles à l’histoire de la Renaissance, ceux à qui le nom de du Fail évoque quelque chose, et tous les autres… peuvent déjà bloquer sur leur agenda cet après midi.

Cette présentation vise à mettre en lumière un aspect méconnu de Noël du Fail, celui d’un regard avisé et critique sur son temps et ses contemporains. Conteur, oui bien sûr, mais pas que cela… Du Fail est aussi pleinement un homme de la Renaissance, qui a participé par ses vues à faire porter un autre regard sur le monde, la société et ses mentalités.  En un mot, un humaniste à côté des grands noms auxquels spontanément nous rattachons ce qualificatif…

Présentée lors de la conférence du 1er Décembre 2013 à Bécherel, l’Association vient de publier un ouvrage de 85 pages qui est une biographie romancée de Noël du Fail. De lecture aisée, sa lecture permet tout en suivant les pérégrinations de du Fail d’aborder son oeuvre littéraire. Des extraits des Propos Rustiques nous font côtoyer des personnages emblématiques de l’univers « dufailien » comme ce bon Thénot du Coing dont la sagesse est une intemporelle leçon de vie qui invite chacun à réfléchir au sens de son existence.

Une façon originale et plaisante de se faire une bonne idée ce vieux conteur, de l’actualité de son message, et de revisiter une page de la Bretagne du XVIème siècle…

Couverture Leon LADVLFI alias Noel du FAIL

Couverture Leon LADVLFI alias Noel du FAIL

Voir la page de l’ouvrage…

Piere Maillard - Conférence Bécherel 1er Décembre 2013C’est par une belle journée ensoleillée que s’est déroulée cette première conférence sur le Rabelais breton.
Accueillis dans le bel auditorium de la Maison du Livre et du Tourisme de Bécherel, mis gracieusement à la disposition de l’Association, une cinquantaine de personnes sont venues à la rencontre de l’enfant de Saint Erblon. Le Président de l’Association, Pierre Maillard, a voulu montrer un angle méconnu de ce personnage, traditionnellement connu comme un conteur. Celui d’un personnage impliqué dans son époque, pétri de culture classique et qui par ses réflexions, ses opinions, s’est affiché comme un des penseurs de son temps, aux côtés des grands noms humanistes qui ont « fait » la Renaissance en France au XVIème siècle. Porteur d’idées en avance sur son siècle, tant sur la femme que sur la corruption de l’Eglise ou la cruauté envers les animaux, Pierre Maillard a voulu faire comprendre que son nom doit être écrit à côté de celui de Rabelais bien sûr, dont il est le fils spirituel, tout comme de ceux de Ronsard, de du Bellay, de Montaigne ou d’Erasme… Esprit libre, proche des idées des huguenots, il a vu en la religion réformée une façon d’améliorer la santé morale de la société dans laquelle il vivait.

Noël du Fail n’est pas qu’un auteur régional, qu’un peintre de moeurs de premier mérite. Il est aussi un de ceux qui par son érudition, et sa largesse d’esprit, ont contribué à faire bouger les lignes…

Cette première causerie en appelle d’autres, qui permettront de faire connaitre les multiples facettes d’un personnage, qui assurément n’a pas la place qu’il mérite dans la mémoire collective.
Mais l’Association des Amis de Noël du Fail, son Président en tête, ont à coeur, eux aussi, de faire « bouger les lignes »…

Le nom de Noël du FAIL sonne aux oreilles comme celui d’un gai luron, bon vivant, joyeux buveur dans le droit fil de Rabelais, et auteur d’Œuvres facétieuses…

Si du XVIème siècle en Bretagne, il est un des noms qui vaguement nous reste en mémoire, du Fail ne se réduit pas à un bouffon, un plaisantin, qui n’a cherché qu’à rire et faire rire ses lecteurs. Au-delà du conteur de grand talent, qui se révèle dans les « Propos rustiques », et du magistrat de belle érudition qui sera le rédacteur d’un travail de jurisprudence qui fera autorité pour ses pairs jusqu’à la Révolution, l’enfant de Saint Erblon, né sur les bords de la Seiche, saura porter sur les hommes et son époque un regard riche de réflexions intemporelles, acerbes et ironiques.

C’est ce double visage du « Rabelais breton » que l’Association des Amis de Noël du Fail souhaite vous faire découvrir.

Resitué dans son temps, parmi les bouleversements d’un monde en évolution, tel Janus il voudra avoir double visage, et tout en menant une carrière juridique qui le verra Conseiller au Parlement de Bretagne, garder la liberté d’introspecter la nature des hommes, avec un œil narquois… Conservateur à certains égards, il saura faire montre d’idées en avance sur son temps, et s’afficher à côté des plus grands comme partie prenante de la pensée des humanistes. Sur quatre points nous vous exposerons sa vision novatrice de la société, regard d’avant-garde sur son époque, qui en a fait un « agitateur d’idées ». En ce sens, il est toujours d’actualité…
Oui, du Fail a fait partie de ces « happy few » qui ont contribué à faire changer le monde…
Oui, son nom doit être écrit à côté de ceux qui classiquement sont considérés comme ayant « fait » la Renaissance…
Oui, la Bretagne et les Bretons ne peuvent ignorer un de ceux qui ont marqué le XVIème siècle de la Province…

Pour toutes ces raisons venez nombreux à la rencontre de ce personnage par trop méconnu, à la Maison du Livre de Bécherel le dimanche 1er décembre 2013 à 15h30

Entrée gratuite

Plus d’information du la Maison du Livre de Bécherel : http://becherel.com/cite-du-livre/maison-du-livre-et-du-tourisme

Le 13 août 2013, le quotidien Ouest France nous a fait l’honneur de publier un article sur Noël du Fail et notre association.

Noël du Fail, juriste au Parlement de Bretagne au XVI e siècle, fut aussi l’écrivain de son temps. Quelques passionnés se démènent pour rétablir sa mémoire. Des universitaires s’y intéressent. Mais pour le reste…

L’histoire

Les déménagements ont du bon. C’est en choisissant de s’installer dans la campagne rennaise, à Saint-Erblon, dans une belle bâtisse en mal d’une solide restauration, que Pierre Maillard s’est mis sur la piste de Noël du Fail. Sans le savoir, il venait de s’installer dans la demeure natale de l’écrivain. Le précédent propriétaire lui met la puce à l’oreille. « Je ne pouvais pas ne pas m’y intéresser », glisse-t-il.

 

Vous pouvez lire l’article dans son intégralité ici : http://www.ouest-france.fr/2013/08/13/bretagne/Le-Rabelais-breton-est-injustement-oublie–65730871.html

Le 15 Juin prochain, Marie Claire Bichard Thomine, Maître de Conférence en littérature de la Renaissance, présentera à la Sorbonne son mémoire pour son HDR, centré sur du Fail. Ayant dejà fait sa thèse de Doctorat sur le Rabelais breton, il y a une vingtaine d’années, elle est une des meilleures spécialistes mondiales de Noël du Fail. Travaillant depuis longtemps sur une édition critique des Contes et Discours d’Eutrapel, oeuvre de maturité de du Fail, de loin la plus conséquente sur le plan matière et diversité, c’est pour tous ceux qui s’intéressent à la littérature de la Renaissance, un événement majeur attendu de longue date.
Si ses deux premiers recueils bénéficient d’éditions critiques, l’oeuvre publiée en 1585, à la fin de sa vie, qui expose les idées sociales, politiques et religieuses de notre ami, n’avait encore jamais bénéficié d’une telle approche, tant la tâche s’annonçait par son ampleur, considérable.

Passionnée par du Fail, l’érudition de Marie Claire Thomine marquera sans aucun doute un tournant majeur dans l’étude des écrits de cet écrivain mal connu et injustement oublié par les Bretons eux mêmes. Espérant que cet événement littéraire sera prétexte à attirer l’attention du grand public, sur ce personnage attachant, qui mérite mieux que l’ombre mémorielle dans laquelle on l’a jusqu’alors laissé croupir.

Du Fail, fils spirituel de Rabelais, magistrat de grande érudition et en même temps regard acéré sur les hommes de son temps mais plus largement aussi sur la nature humaine en général, auteur facétieux et joyeux, reste un des personnages essentiels de la Renaissance en Bretagne. Le coup de projecteur donné par l’édition critique qui va paraître aux Classiques Garnier, est une excellente occasion de nous pencher sur cette belle page de l’histoire de la Bretagne.

Pratique: la soutenance aura lieu le 15 Juin à 14 heures, salle des Actes, Paris -Sorbonne (Paris IV). L’intitulé exact du mémoire présenté est « Poétique du récit bref et des devis en France au XVIème siècle ».

 

Le 15 Juin dernier, le Président de l’Association et son épouse ont assisté à la Sorbonne à la présentation de Marie Claire Thomine pour son HDR, travail d’érudition consacré à une édition critique des Contes et Discours d’Eutrapel. Le jury composé de Mmes Mireille Huchon (directrice de thèse), (Paris Sorbonne), Dominique Bertrand (Clermont Ferrand), Paola Cifarelli (Université de Turin), et  de MM. Jean Claude Arnould (Rouen), Claude Blum (Paris Sorbonne), Franck Lestringant (Paris Sorbonne) et Tom Conley (Harvard), a souligné l’exceptionnel niveau de ce travail qui porte sur un texte d’interprétation difficile.

Contribution majeure à l’étude de l’oeuvre de du Fail, elle permettra aux spécialistes une fois publiée, de disposer d’une référence incontestable pour l’étude approfondie de son legs culturel. En conclusion, tous les membres du jury se sont plus à reconnaitre en Marie Claire Thomine une des meilleures spécialistes mondiales du Rabelais breton, et à souligner ses talents d’enseignante comme sa faculté à transmettre à ses étudiants la passion qui l’anime. Fidèle depuis une vingtaine d’années à cet auteur breton du XVIème, elle a reconnu que ce challenge ne pouvait être mené à bien, tant la tâche de par son ampleur se révélait ardue, qu’avec une maturité littéraire certaine, dont tous se sont félicités de la solidité des acquis.

Avec ce travail, les trois recueils de du Fail qui composent ce qu’on appelle ses Oeuvres facétieuses, ont enfin une édition critique. Espérons que cela permettra une meilleure compréhension de cet auteur à la langue réputée difficile, et un rayonnement à un plus large public.

 

 

Plus d’informations sur Marie Claire Bichard Thomine :
http://www.paris-sorbonne.fr/l-universite/nos-enseignants-chercheurs/article/thomine-bichard-marie-claire

Nous vous annonçons le lancement d’un bulletin de liaison trimestriel sur la vie et l’oeuvre de du Fail. L’Association publiera en ligne des « news » relatives à son objet. Faire découvrir et aimer du Fail, tel est notre but…

Le premier numéro est sorti en Décembre 2012… Un vrai cadeau de Noël !
Quant au second, attendez la deuxième quinzaine de Mars…pour mettre vos pas dans les siens.

Vos commentaires seront les bienvenus. Dites nous votre intérêt, vos remarques, encouragez nous à mettre en lumière cette jolie petite pépite culturelle qui brille encore trop faiblement du fond du XVIème siècle…

A la rencontre du Prince des Balivernes en Musique, commentaire prononcé lors de la première édition des Nocturiales d’Eutrapel, les 6, 7 et 8 Juillet 2012 :

Amis, vous l’avez bien compris, Noël du Fail fait partie de la famille… Ou peut être est il un cousin à la mode de Bretagne, qui sait ?

Du moins, vous savez que pour nous, ici, il fait partie du paysage.

Ce qui nous ferait grand plaisir, c’est qu’après cette soirée et ces beaux moments partagés, à vos souvenirs s’attache quelque chose qui fasse qu’il ne s’évanouisse pas totalement de vos pensées…

Aussi, tenterai je, à travers quelques mots clés, qu’il vous revinsse en mémoire…

Déjà, un contemporain jaloux de son talent, austère chancelier de son état, l’avait méchamment qualifié de « singe de Rabelais », le reléguant au rang d’un petit plagieur du chantre de la dive bouteille !

La formule était facile, mais ce sobriquet pour aisé qu’il soit à retenir, ne reflète pas la vérité.

Si du Fail avait incontestablement lu maître Alcofribas Nasier – l’anagramme de François Rabelais -, et s’en était inspiré, il a su se révéler un conteur excellent, un artiste né, de l’école hollandaise, peignant dans ses propos la vie de tous les jours, les mœurs populaires, avec un art singulier de mettre en relief les traits curieux, plaisants de ces milieux qu’il a hantés, enfant à la campagne, dans ses pérégrinations autour de Château Letard, puis étudiant à Paris, et magistrat enfin.

« Il n’y a celuy de nous qui ne sache combien le docte Rabelais en folastrant sagement sur son Gargantua et son Pantagruel, gaigna de grace parmi le peuple. Il se trouva peu après deux singes qui se persuadèrent d’en pouvoir faire autant, l’un sous le nom de Léon Ladulfi, en ses Propos Rustiques, l’autre sans nom, en son livre des Fanfreluches. Mais autant y profita l’un que l’autre, s’estant la mémoire de ces deux livres perduz ».

Voilà ce qu’en assène Etienne Pasquier en 1555, à la suite de la première de ses parutions.

Et puis ce à quoi vous l’associerez, bien sûr, c’est aux Baliverneries d’Eutrapel

Son deuxième recueil qui le caractérise si bien… Car Baliverneries, c’est sa création. Le mot n’existe pas avant lui. Il l’invente de toutes pièces, ne voulant pas se servir du mot « facétie » venu de l’italien, qui consiste à faire rire par un récit bref et spirituel autour d’un bon mot ou d’un bon tour, art de la parole fort à la mode dans les ouvrages de savoir vivre et de conversation de la Renaissance Italienne. Il en garde l’esprit, mais pour traduire sa bonne humeur, son caractère gai, il forge un mot neuf, unissant « baller » – tourner en dansant – et « verner », – tourner sur soi même, virevolter – pour qualifier l’humeur et le mouvement incessant de son personnage, Eutrapel…

Et cet Eutrapel, le pseudonyme transparent derrière lequel il se met en scène dans les Baliverneries comme dans ses Contes et Discours parus à la fin de sa vie, ne signifie t-il pas en grec, « agréable, plaisant » ? Toute l’image qu’il voulait que la postérité conservât de lui…

Donc, Eutrapel, jeune, impétueux, séduisant, se plait à baliverner…C’est son naturel dont il veut qu’on se souvienne, qui est de « follastrer, rire et escrire de mesme », dit-il, car nous conseille t-il, « il faut premier en dire de vertes et de meures, ensemble baliverner, de sorte qu’avec le temps on puisse parler à bon escient ».

Façon de dire qu’un esprit équilibré se doit de savoir rire, plaisanter, pour mieux pouvoir sainement raisonner et décider.

Voilà son message.

Mais ce qui est peut être le plus signifiant, c’est qu’à travers Eutrapel, Noël du Fail développe l’Eutrapélie

Si le personnage d’Eutrapel prend racine dans les écrits d’Aristote, et se retrouve dans l’œuvre d’Erasme, notre ami en fait le centre de son trio de devisants, et s’incarne en lui.

Car cette « facilité à se tourner » qu’est étymologiquement l’Eutrapelia, suggère une agilité d’esprit, une souplesse et une vivacité intellectuelle, pimentée de traits d’esprit, voir hérissés de saillies mordantes, sous lesquelles il aime à se faire voir.

Gai, heureux de vivre, intelligent, son aisance à s’exprimer et à communiquer se plait à jongler avec – c’en est sa définition -, « une démesure des propos tempérée par une bonne éducation ». Volontiers frondeur, faisant fi des bonnes manières et des convenances, il se donne une image d’impertinent policé et raffiné, à la personnalité bien affirmée.

Il faut « parler librement, sans crainte révérencielle, sans épargner personne, en riant de tout le monde et en premier lieu de soi-mesme », nous recommande -t-il.

Le conseil donc qu’il nous lègue pour conduire notre propre vie, est de cultiver l’Eutrapélie.

Savoir se divertir en se moquant, de soi même d’abord, s’opposer en ne craignant pas à l’occasion d’être impertinent, voire acerbe, permet de relativiser les choses, dans notre brève histoire du Temps. Chaque seconde qui s’égrène est unique. Pourtant certains l’oublient…

Sachons, comme ce soir en profiter au mieux, restons capable de nous émerveiller et ouvrons nos oreilles aux mille chants d’oiseaux qui nous entourent…

Cueillez dès aujourd’hui les roses de la Vie, du Fail pronant l’Eutrapélie ne nous dit pas autre chose… En cela certes, il est effectivement dans la droite ligne de son aîné tourangeau …

Rabelais de la Bretagne, qui a fait naître au dictionnaire les Baliverneries, il a choisi ce doux nom d’Eutrapel pour que la postérité se souvinsse de lui…

Alors amis, qui ce soir nous accompagnez, devenez avec nous, les Ambassadeurs de sa mémoire…

Disciple d’Eutrapel, deviens le, et comme il nous le dit… fais en ton profit ! N’est ce pas un beau cadeau de Noël ?