Le 13 août 2013, le quotidien Ouest France nous a fait l’honneur de publier un article sur Noël du Fail et notre association.

Noël du Fail, juriste au Parlement de Bretagne au XVI e siècle, fut aussi l’écrivain de son temps. Quelques passionnés se démènent pour rétablir sa mémoire. Des universitaires s’y intéressent. Mais pour le reste…

L’histoire

Les déménagements ont du bon. C’est en choisissant de s’installer dans la campagne rennaise, à Saint-Erblon, dans une belle bâtisse en mal d’une solide restauration, que Pierre Maillard s’est mis sur la piste de Noël du Fail. Sans le savoir, il venait de s’installer dans la demeure natale de l’écrivain. Le précédent propriétaire lui met la puce à l’oreille. « Je ne pouvais pas ne pas m’y intéresser », glisse-t-il.

 

Vous pouvez lire l’article dans son intégralité ici : http://www.ouest-france.fr/2013/08/13/bretagne/Le-Rabelais-breton-est-injustement-oublie–65730871.html

Le 15 Juin prochain, Marie Claire Bichard Thomine, Maître de Conférence en littérature de la Renaissance, présentera à la Sorbonne son mémoire pour son HDR, centré sur du Fail. Ayant dejà fait sa thèse de Doctorat sur le Rabelais breton, il y a une vingtaine d’années, elle est une des meilleures spécialistes mondiales de Noël du Fail. Travaillant depuis longtemps sur une édition critique des Contes et Discours d’Eutrapel, oeuvre de maturité de du Fail, de loin la plus conséquente sur le plan matière et diversité, c’est pour tous ceux qui s’intéressent à la littérature de la Renaissance, un événement majeur attendu de longue date.
Si ses deux premiers recueils bénéficient d’éditions critiques, l’oeuvre publiée en 1585, à la fin de sa vie, qui expose les idées sociales, politiques et religieuses de notre ami, n’avait encore jamais bénéficié d’une telle approche, tant la tâche s’annonçait par son ampleur, considérable.

Passionnée par du Fail, l’érudition de Marie Claire Thomine marquera sans aucun doute un tournant majeur dans l’étude des écrits de cet écrivain mal connu et injustement oublié par les Bretons eux mêmes. Espérant que cet événement littéraire sera prétexte à attirer l’attention du grand public, sur ce personnage attachant, qui mérite mieux que l’ombre mémorielle dans laquelle on l’a jusqu’alors laissé croupir.

Du Fail, fils spirituel de Rabelais, magistrat de grande érudition et en même temps regard acéré sur les hommes de son temps mais plus largement aussi sur la nature humaine en général, auteur facétieux et joyeux, reste un des personnages essentiels de la Renaissance en Bretagne. Le coup de projecteur donné par l’édition critique qui va paraître aux Classiques Garnier, est une excellente occasion de nous pencher sur cette belle page de l’histoire de la Bretagne.

Pratique: la soutenance aura lieu le 15 Juin à 14 heures, salle des Actes, Paris -Sorbonne (Paris IV). L’intitulé exact du mémoire présenté est « Poétique du récit bref et des devis en France au XVIème siècle ».

 

Le 15 Juin dernier, le Président de l’Association et son épouse ont assisté à la Sorbonne à la présentation de Marie Claire Thomine pour son HDR, travail d’érudition consacré à une édition critique des Contes et Discours d’Eutrapel. Le jury composé de Mmes Mireille Huchon (directrice de thèse), (Paris Sorbonne), Dominique Bertrand (Clermont Ferrand), Paola Cifarelli (Université de Turin), et  de MM. Jean Claude Arnould (Rouen), Claude Blum (Paris Sorbonne), Franck Lestringant (Paris Sorbonne) et Tom Conley (Harvard), a souligné l’exceptionnel niveau de ce travail qui porte sur un texte d’interprétation difficile.

Contribution majeure à l’étude de l’oeuvre de du Fail, elle permettra aux spécialistes une fois publiée, de disposer d’une référence incontestable pour l’étude approfondie de son legs culturel. En conclusion, tous les membres du jury se sont plus à reconnaitre en Marie Claire Thomine une des meilleures spécialistes mondiales du Rabelais breton, et à souligner ses talents d’enseignante comme sa faculté à transmettre à ses étudiants la passion qui l’anime. Fidèle depuis une vingtaine d’années à cet auteur breton du XVIème, elle a reconnu que ce challenge ne pouvait être mené à bien, tant la tâche de par son ampleur se révélait ardue, qu’avec une maturité littéraire certaine, dont tous se sont félicités de la solidité des acquis.

Avec ce travail, les trois recueils de du Fail qui composent ce qu’on appelle ses Oeuvres facétieuses, ont enfin une édition critique. Espérons que cela permettra une meilleure compréhension de cet auteur à la langue réputée difficile, et un rayonnement à un plus large public.

 

 

Plus d’informations sur Marie Claire Bichard Thomine :
http://www.paris-sorbonne.fr/l-universite/nos-enseignants-chercheurs/article/thomine-bichard-marie-claire

Nous vous annonçons le lancement d’un bulletin de liaison trimestriel sur la vie et l’oeuvre de du Fail. L’Association publiera en ligne des « news » relatives à son objet. Faire découvrir et aimer du Fail, tel est notre but…

Le premier numéro est sorti en Décembre 2012… Un vrai cadeau de Noël !
Quant au second, attendez la deuxième quinzaine de Mars…pour mettre vos pas dans les siens.

Vos commentaires seront les bienvenus. Dites nous votre intérêt, vos remarques, encouragez nous à mettre en lumière cette jolie petite pépite culturelle qui brille encore trop faiblement du fond du XVIème siècle…

A la rencontre du Prince des Balivernes en Musique, commentaire prononcé lors de la première édition des Nocturiales d’Eutrapel, les 6, 7 et 8 Juillet 2012 :

Amis, vous l’avez bien compris, Noël du Fail fait partie de la famille… Ou peut être est il un cousin à la mode de Bretagne, qui sait ?

Du moins, vous savez que pour nous, ici, il fait partie du paysage.

Ce qui nous ferait grand plaisir, c’est qu’après cette soirée et ces beaux moments partagés, à vos souvenirs s’attache quelque chose qui fasse qu’il ne s’évanouisse pas totalement de vos pensées…

Aussi, tenterai je, à travers quelques mots clés, qu’il vous revinsse en mémoire…

Déjà, un contemporain jaloux de son talent, austère chancelier de son état, l’avait méchamment qualifié de « singe de Rabelais », le reléguant au rang d’un petit plagieur du chantre de la dive bouteille !

La formule était facile, mais ce sobriquet pour aisé qu’il soit à retenir, ne reflète pas la vérité.

Si du Fail avait incontestablement lu maître Alcofribas Nasier – l’anagramme de François Rabelais -, et s’en était inspiré, il a su se révéler un conteur excellent, un artiste né, de l’école hollandaise, peignant dans ses propos la vie de tous les jours, les mœurs populaires, avec un art singulier de mettre en relief les traits curieux, plaisants de ces milieux qu’il a hantés, enfant à la campagne, dans ses pérégrinations autour de Château Letard, puis étudiant à Paris, et magistrat enfin.

« Il n’y a celuy de nous qui ne sache combien le docte Rabelais en folastrant sagement sur son Gargantua et son Pantagruel, gaigna de grace parmi le peuple. Il se trouva peu après deux singes qui se persuadèrent d’en pouvoir faire autant, l’un sous le nom de Léon Ladulfi, en ses Propos Rustiques, l’autre sans nom, en son livre des Fanfreluches. Mais autant y profita l’un que l’autre, s’estant la mémoire de ces deux livres perduz ».

Voilà ce qu’en assène Etienne Pasquier en 1555, à la suite de la première de ses parutions.

Et puis ce à quoi vous l’associerez, bien sûr, c’est aux Baliverneries d’Eutrapel

Son deuxième recueil qui le caractérise si bien… Car Baliverneries, c’est sa création. Le mot n’existe pas avant lui. Il l’invente de toutes pièces, ne voulant pas se servir du mot « facétie » venu de l’italien, qui consiste à faire rire par un récit bref et spirituel autour d’un bon mot ou d’un bon tour, art de la parole fort à la mode dans les ouvrages de savoir vivre et de conversation de la Renaissance Italienne. Il en garde l’esprit, mais pour traduire sa bonne humeur, son caractère gai, il forge un mot neuf, unissant « baller » – tourner en dansant – et « verner », – tourner sur soi même, virevolter – pour qualifier l’humeur et le mouvement incessant de son personnage, Eutrapel…

Et cet Eutrapel, le pseudonyme transparent derrière lequel il se met en scène dans les Baliverneries comme dans ses Contes et Discours parus à la fin de sa vie, ne signifie t-il pas en grec, « agréable, plaisant » ? Toute l’image qu’il voulait que la postérité conservât de lui…

Donc, Eutrapel, jeune, impétueux, séduisant, se plait à baliverner…C’est son naturel dont il veut qu’on se souvienne, qui est de « follastrer, rire et escrire de mesme », dit-il, car nous conseille t-il, « il faut premier en dire de vertes et de meures, ensemble baliverner, de sorte qu’avec le temps on puisse parler à bon escient ».

Façon de dire qu’un esprit équilibré se doit de savoir rire, plaisanter, pour mieux pouvoir sainement raisonner et décider.

Voilà son message.

Mais ce qui est peut être le plus signifiant, c’est qu’à travers Eutrapel, Noël du Fail développe l’Eutrapélie

Si le personnage d’Eutrapel prend racine dans les écrits d’Aristote, et se retrouve dans l’œuvre d’Erasme, notre ami en fait le centre de son trio de devisants, et s’incarne en lui.

Car cette « facilité à se tourner » qu’est étymologiquement l’Eutrapelia, suggère une agilité d’esprit, une souplesse et une vivacité intellectuelle, pimentée de traits d’esprit, voir hérissés de saillies mordantes, sous lesquelles il aime à se faire voir.

Gai, heureux de vivre, intelligent, son aisance à s’exprimer et à communiquer se plait à jongler avec – c’en est sa définition -, « une démesure des propos tempérée par une bonne éducation ». Volontiers frondeur, faisant fi des bonnes manières et des convenances, il se donne une image d’impertinent policé et raffiné, à la personnalité bien affirmée.

Il faut « parler librement, sans crainte révérencielle, sans épargner personne, en riant de tout le monde et en premier lieu de soi-mesme », nous recommande -t-il.

Le conseil donc qu’il nous lègue pour conduire notre propre vie, est de cultiver l’Eutrapélie.

Savoir se divertir en se moquant, de soi même d’abord, s’opposer en ne craignant pas à l’occasion d’être impertinent, voire acerbe, permet de relativiser les choses, dans notre brève histoire du Temps. Chaque seconde qui s’égrène est unique. Pourtant certains l’oublient…

Sachons, comme ce soir en profiter au mieux, restons capable de nous émerveiller et ouvrons nos oreilles aux mille chants d’oiseaux qui nous entourent…

Cueillez dès aujourd’hui les roses de la Vie, du Fail pronant l’Eutrapélie ne nous dit pas autre chose… En cela certes, il est effectivement dans la droite ligne de son aîné tourangeau …

Rabelais de la Bretagne, qui a fait naître au dictionnaire les Baliverneries, il a choisi ce doux nom d’Eutrapel pour que la postérité se souvinsse de lui…

Alors amis, qui ce soir nous accompagnez, devenez avec nous, les Ambassadeurs de sa mémoire…

Disciple d’Eutrapel, deviens le, et comme il nous le dit… fais en ton profit ! N’est ce pas un beau cadeau de Noël ?

Noël du FAIL, Conteur du XVIème siècle, un Saint Erblonnais méconnu

Trop peu de nos contemporains ont l’oreille qui se dresse à l’évocation de ce nom… Et pourtant !

L’Association des Amis de Noël du FAIL a été créée fin 2011 pour tenter de remédier à cet état de fait, et pour permettre à ce vieux Conteur de prendre la place qui lui revient dans la littérature bretonne, et inciter nos contemporains à renouer avec des racines qui sont constitutives de leur identité.

L’Association propose une conférence sur ce peintre de mœurs de premier mérite, né sur les bords de la Seiche, à Saint Erblon vers 1520, sous François Ier.

Fils spirituel de Rabelais, auteur de trois Recueils groupés sous le vocable d’Oeuvres Facétieuses, ce natif de Saint Erblon a été mal traité jusqu’alors par la postérité, qui ne lui a octroyé qu’une place confidentielle dans l’Histoire de la Bretagne.

Confiné à un public restreint de spécialistes, nous pensons qu’il mérite mieux…

C’est la raison pour laquelle nous essayerons de vous ouvrir les portes de son univers… et vous donner envie de découvrir ce personnage original qui est un des grands Conteurs de la Renaissance Française.

Alors venez nombreux à la rencontre du Rabelais Breton…

Salle des LEUZIERES

SAINT ERBLON

VENDREDI 1er JUIN 2012 à 20h 30

Entrée gratuite

Exposition et Causerie autour de Noël du Fail

Nous serons présents à la « causerie » organisée par la médiathèque de Breteil et la bibliothèque de Pleumeleuc le samedi 14 janvier à 15h.

Retrouvez-nous à la médiathèque de Bréteil !

Lecture d’extraits des « Propos rustiques » et discussions autour de Noël du Fail sont au programme.

L’entrée est libre et gratuite.

Médiathèque de Bréteil : 2 rue Joseph Berrée 35160 Breteil

Bibliothèque La Parchemine : 14 rue de Bédée 35137 Pleumeleuc